Et le jardin …

Menues plantations d’hier et aujourd’hui je garnis le pot du milieu.  Et s’il n’y avait que cela, de vrai ?

L’escalier  conduit au vieux porche de derrière, tout croche mais que j’aime bien tel quel.

Elections et dogwood

Beau temps pour jardiner, ici, en attendant les élections américaines  (dans six mois),  et suivant les conseils d’Ariana ( Alabama)  on va planter une petite allée de DOGWOODS pour animer  le coté du chemin qui longe la maison.

Nous jardinerons tout en suivant les résultats des élections à la française et à la grecque.

Cette année 2012, on s’en souviendra.

Météo : ciel bleu, beau temps, pas de vent, un beau dimanche de printemps.

 

Exister

Exister à l’extérieur de nous, voici une expression qui me plait ; ou qui, plutôt, ne me plait pas, ne me convient pas, mais que je trouve intéressante, pour l’avoir vécue dans le passé, pour la voir vécue aujourd’hui chez ceux qui, à tout âge, sont encore balbutiant devant l’apprentissage de la vie.

Donc, correction : NE PAS exister à l’extérieur de nous. Au contraire, vivre pour ce que nous sommes nous. Refuser de coller à une autre image.

Si d’aventure un autre, une autre, des autres agissent comme des aimants - y compris les plus purs aimants eux-mêmes, ceux qui nous aiment -  s’en écarter doucement. Il n’y a que ce moyen pour retrouver l’identité perdue.

Et si “s’en écarter”  signifie nous déchirer ? Alors, le mal est profond et notre existence intérieure est bien mal en point.

La même pluie

J’habite, et chacun ici le sait, dans ce coin des Etats-Unis qui réunit plusieurs  états sous le nom de “Nouvelle Angleterre” : Massachusetts, Connecticut, Vermont, Rhode Island, New Hampshire, Maine.

L’etat de New York est seulement voisin immédiat du New England, mais  JE me considère comme en faisant partie, car j’ai de nombreux atomes crochus avec cette région des USA,  je m’y sens bien, dans une vie anterieure j’y ai certainement vécu, heureuse.

De l’Angleterre traditionelle, celle de Londres et de la Tamise, nous avons ce matin la pluie, grise, froide, fine, pénétrante. Bonne pour les fleurs, la pelouse, les arbres.

Je me console en pensant qu’on se lasserait d’un soleil perpétuel.

Du déménagement et de l’art de s’accrocher aux branches

Un déménagement, ce n’est pas seulement transporter des meubles et des objets d’un endroit dans un autre. C’est aussi bouleverser un certain nombre d’automatismes qui nous simplifient la vie, et que nous sommes en grand danger de perdre, irrémédiablement.

Ainsi, les interrupteurs : lorsque, dans notre nouvelle demeure, nous entrons dans une pièce obscure, nous tâtonnons instinctivement à droite, étonnés de ne rien trouver, et il nous faut une fraction de seconde pour reconsidérer la question sous son nouveau jour, qui est “ maison étrangère”.  Retour à la case départ.

Les bruits nouveaux aussi surprennent. Le chauffage de la maison bleue s’enclenchait en faisant une certain “ rhoooooôô “ plutôt rassurant : bon, la chaudière fonctionnait toujours, la panne ne serait pas pour ce soir, tout allait bien.
Ici, le chauffage roule sur du velours, les bruits sont estompés par la double épaisseur de moquette, la sonnette de la porte d’entrée fonctionne, conclusion, nous avons ôté cet assemblage de grelots et clochettes chrismasdesques suspendu à la poignée, et dont le tintinnabulement m’annonçait l’arrivée de quelqu’un, même si j’étais au fin fond de la cuisine. Ici, c’est un simple et sec “dring”. Court et strident assez pour que je l‘entendes parfaitement. Mais sec, je le répète. Et pour moi, un son peut être tout ce qu’il voudra, sauf sec. Je regrette mes grelots.

On s’y fera. Les autres automatismes, gardons-les précieusement, comme ces cinq gestes qui président à l’élaboration du cafiout, entre autres. J’ai connu une dame qui pouvait à la fois repasser et calculer mentalement son budget au point que l’heure suivante, lorsqu’elle mettait le-dit budget en chiffres sur papier, elle arrivait aux mêmes résultats. Ma grand mère faisait la vaisselle tout en établissant un calendrier de plantation pour son jardin à légumes. Je me suis souvent évadée du fastidieux travail de préparation d’une soupe de légumes en établissant les bases d’une nouvelle. Les automatismes servent à cela, ils libèrent notre pensée ; en ceci, ils sont précieux.

Ils nous servent aussi de repères dans une nouvelle maison. Si je devais penser chacun de mes gestes du petit matin, juste avant mon poison noir et brulant, je ne fonctionnerais plus “normalement”. Je sais, on dira que je suis accro au cafiout : moi dire que c’est peu, comparé à d’autres addictions et s’il ne nous faut que cela, cinq petits gestes rituels au lever, pour nous remettre en fonction, bénis soient-ils.

Car il faut s’aimer un peu, c’est une des conditions de survie en ce monde. Une autre tasse ?

Routes Enlacées

Sortie du dernier ouvrage de Jimidi, de son vrai nom Jean-Marie Dutey, aux éditions ELP, et en version numérique : Routes Enlacées.

Il y a quelques années Jimidi m‘avait demandé de lire le manuscrit et de lui donner mon opinion, ou, plutôt, mes opinions. car il s’agit d’un recueil de 18 nouvelles, chacune reliée au même fil rouge : la route. Je l’ai donc lu sur papier, brut de décoffrage, et c’est un privilège dont je remercie l‘auteur.

Il s‘en passe des choses, sur les routes du coté de chez Jimidi. Il nous en donne la preuve par quatorze, et à chaque récit, nous sommes subjugués. Enfin, moi, je l’ai été par toutes ou presque. Il faut un peu d’ombre pour apprécier les reliefs. Et le relief, ce n’est pas ce qui manque dans l’écriture de Jimidi.

Ma préférée, et vous ne serez pas surpris, car tout le monde ici connait mon caractère plutôt porté au rire : celle où Papy, oubliant que nous ne sommes plus en guerre, attaque une base militaire sur les hauts plateaux de la Couvertoirade, avec l’aide de sa petite fille, une adolescente qui ressemble beaucoup à Elsa Saône ( nous en parlerons un autre jour, il y a en elle de la bonne graine d‘écriture, si on se réfère à ses commentaires sur les Carnets Jimidiesques)

Ce Papy fait de la résistance** ,  je crois que je le connais par cœur, et il m’arrive encore d’éclater de rire au souvenir de certaines images, mots et phrases, je veux dire. Images : justement, j’avais déclaré à Jimidi que ce serait un magnifique scénario. Je crois qu’il s’est senti un peu insulté : me connaissant mieux maintenant, il peut comprendre que l’Américaine en moi a fait le rapprochement hollywoodien qui convenait à la rapidité et au lié de son texte.

On peut raconter les histoires contenues dans Routes Enlacées, on ne peut pas en raconter l’écriture. Il y a le style de l’auteur, qui agit comme une magie : on plonge dedans, et vlan, on ne veut plus en sortir. A la fin du livre, on pense avec tristesse : Déjà ! Et on espère qu’il y en aura d’autres de même tonneau pretty soon – Jimidi, pose ce balai tout de suite !

Ne vous méprenez pas et ne croyez pas que j’en rajoute par grande sympathie : Jimidi et moi, ce serait plutôt le grand courroux, la lutte intestine et pire encore. On se connait depuis longtemps, on ne s’en haït pas moins ou presque. Mais il faut rester honnêtes si on veut vivre longtemps : et je vous le dis, même son pire ennemi ne trouverait rien à reprocher à cet enlacement de routes imaginaires.

On peut les lire en version numérique pour une main d’euros. Je ne sais pas encore combien nous, d’Amérique du nord, devrons envoyer de dollars, il semble que l’éditeur se confine au seul hexagone et/ou Union Européenne *. Si vrai, c’est bien dommage : mais comme le livre est sorti également sur papier, on trouvera bien un moyen de le distribuer dans les States, quitte à faire un seul envoi groupé quelque part ( par exemple ici, à ma nouvelle adresse) et je me chargerai de le diffuser.

J’insiste : c’est pas pour lui faire plaisir, c’est que le bouquin vaut vraiment la peine qu’on fasse un effort pour le faire connaitre du plus grand nombre possible de lecteurs. ( qui a dit “ quelle peste ! “ ?)

ET pour en lire davantage : le Carnet de Jimidi, Routes Enlacées

_________
* Si tel n’est pas le cas, et si l’éditeur passe par là, qu’il ou elle veuille bien nous laisser un commentaire pour rectifier, merci.

** et dont le titre officiel est ” Gardaren lou Internet”

Ces fameux dix Commandements

Combien sommes-nous dans le monde à obéir à ces Commandements ? OUi, je sais, on ne les suit pas à la ligne, on les a oubliés, mais ON SAIT QU’ILS EXISTENT.

D’ailleurs, dans la vague de mécréantisme qui nous tsunamite depuis une vingtaine d’année ne voyons-nous pas le recul devant certains de ces Commandements difficiles à suivre : ne pas voler. Ne pas mentir. Ne pas porter de faux témoignages. Ne pas chiper la femme du voisin. Rester fidèle à son /sa partenaire.

PLus dur : honorer père et mère.

Les Commandement contre lesquels la plupart d’entre nous sont à l’abri, même s’ils n’ont jamais suivi aucun KT ( merci Ma’, je ne connaissais pas  l’expression, tu vois un peu la vieille dame ?) : tu ne tueras point, tu n’aimeras qu’un seul Dieu. Fastoche, comme on disait dans mon jeune temps : la fibre criminelle ne court pas les rues, et  on a déjà du mal avec le seul Seigneur  de la Bible, c’est pas pour recommencer l’expérience des multiples divinités dans le style grec ou romain, merci.

Il y a les Commandements ambiguës, que chacun tourne à sa manière : Tu ne feras pas de representation de Dieu, tu ne prononceras pas son nom en vain. Et l’autre, concernant le travail et le jour de repos, pratiquement jamais suivi ici, dans ce pays pourtant hautement  religieux – what ? ” in God we trust “, yes or no ? – : Tu sanctifieras le jour du Seigneur.

Ci-dessous  la suite de Moise. Voici  ce qu’on trouve OFFICIELLEMENT sur la toile – ben oui, quoi ? c’est gougueuleu qui le dit, ah ?! Gougueuleu serait-il une représentation  divine ? ” on arrive à se le demander, non ?

Ce qui suit vient d”ici : http://www.info-bible.org

~~~~~

Première table de la loi relative à Dieu :

1 – Tu n’auras pas d’autre dieu que moi.
2 – Tu ne te feras pas d’idole ni de représentation quelconque de ce qui se trouve en haut dans le ciel, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu’à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent. Mais j’agis avec amour jusqu’à la millième génération envers ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements.
3 – Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel ton Dieu pour tromper (ou de manière abusive), car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper.
4 – Pense à observer le jour du repos (ou sabbat) et fais-en un jour consacré à l’Éternel. Tu travailleras six jours pour faire tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré à l’Éternel, ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi ; car en six jours, l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve, mais le septième jour, il s’est reposé. C’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du sabbat et en a fait un jour qui lui est consacré.

Seconde table de la loi relative au prochain

5 – Honore ton père et ta mère afin de jouir d’une longue vie dans le pays que l’Éternel ton Dieu te donne
6 – Tu ne commettras pas de meurtre
7 – Tu ne commettras pas d’adultère
8 – Tu ne commettras pas de vol
9 – Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain
10 – Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, tu ne convoiteras ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni rien qui lui appartienne.

_______________________________

Bon, alors, où est passé  Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l’amour de moi ?

Pauvre Moïse

Les Dix Commandements passaient samedi soir sur la chaine 11, et une fois de plus, la Chron s’est endormie avant le passage de la Mer Rouge, pauvre Moise !

Suggestion pour ces messieurs-dames qui règnent en Cinéville : qu”ils s’attèlent à un ouvrage cinématographique qui au lieu de nous raconter l’histoire de Moise, nous expliquerait ce que SONT ces dix commandements, et ce qu’ils signifient. Pour “comment les suivre”, chacun voit avec sa conscience.

Un film en dix point qui parlerait d’amour, de justice, de loyauté, de fraternité, ce ne serait pas plus difficile, moi croire, que d’écarter les eaux pour faire passer une armée — les ficelles du cinéma d’il y a 50 ans sont grosses comme la Tour Eiffel, et ça fait sourire au 21me siècle.

Oui, ces Dix Commandements, si on en reparlait sérieusement ?

C’est vrai, et je te l’accorde : ils nous gênent terriblement depuis que le monde est monde, mais pourtant, en dix points, il y a en eux plus de sagesse que dans tous les livres de loi édités par nous pauvres frères humains. Dix points que peu d’entre nous parviennent à suivre toute leur vie. On n’est pas des anges, ma soeur. Pitang dis donc, ça pèse, la terre, aux souliers !

Pardon ? Ah, oui, là tu marques un point : nous ne les connaissons pas plus par cœur. Tiens, un challenge : qui dans la foule des deux douzaines de lecteurs de ces Chroniques serait encore capable de les réciter dans l’ordre ? Non, moi non plus.

Ben voilà on va en parler, donc, puisque personne ne se pose plus la question.

Quand même, pauvre Moise, que doit-il penser de nous ?

_________________

La maison jaune

Elle est de l’autre coté du boulevard, de l’autre coté du jardin, et tournée vers le nord-est. Ce matin, la voici éclairée de biais par le soleil de la première heure, resplendissante dans son cadre de feuilles nouvelles nées. Combien de temps encore restera-t-elle debout ? Elle a au moins 100 ans, peut-être plus.

Cette ville possède un tel trésor de vieilles maisons, dont la plupart sont à vendre et à la portée de toutes les bourses. L’ignorance des belles choses est ici à son apogée : et la destruction qui s‘ensuit : on laisse deux compagnies, privées — l’électricité, propriété de National Grid, une entreprise dont la maison mère se trouve à Londres ; et le câble internet, propriété de TimeWarner, dont la maison mère se trouve ici – faire absolument ce qu’ils veulent et comme ils le veulent, sans limites. D’où la surabondance de fils zébrant les cieux de nos rues, et les poteaux plantés au petit bonheur la chance le long des trottoirs : oui, encore heureux qu’ils n’aient pas osé les planter au milieu des jardins privés.

La maison jaune est occupée par deux familles, c’est-ce qu’on nomme ici un “duplex”. Il est rare que les propriétaires de ces maisons vivent sur place : beaucoup ont investi dans ces maisons au début du siècle, alors qu’elles n’avaient pas encore la cote qu’elles commencent à avoir maintenant. Elles sont d’un bon rapport, entre 18 à 22 % l’an avant taxes ; qui dit mieux en nos périodes d’intense trouble économique ?

Un seul handicap, de taille : les impôts immobiliers très élevés : pour cette maison jaune, le propriétaire doit payer entre 400 à 500 $ par mois, soit environ 33 % de son rapport.

Pourquoi ces impôts immobiliers vertigineusement élevés dans cette petite ville dont le revenu moyen per capita ne dépasse pas le plafond pauvreté ? Parce que General Electric ; General Electric, tout le monde connaît, mais combien savent que cette compagnie a ses racines ici ? Ce sera le sujet d’un prochain article.

Pour l’instant, il suffit de savoir que si GE payait les taxes qu’il devrait payer, les impôts immobiliers seraient réduits de deux tiers.. Ah, quand même ?

Et le propriétaire de la maison jaune pourrait, avec la différence faire les réparations qui s’imposent pour conserver sa maison pendant encore un grand nombre d’année.

But, who cares ?

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.