Chroniques du travail US / 7 – Le bon coté de la Sécu américaine

On dira ce qu’on voudra, mais la Sécu américaine a un bon coté qu’on ne trouve nulle part ailleurs, sauf peut-être au Canada : la courtoisie, la diligence et le sourire des interlocuteurs.

Arrête, je ne fais pas de sarcasmes !!!  Je te raconte :

Monsieur Kron était jusqu’au 17 juillet assuré médicalement par L…, l’entreprise dans laquelle il travaillait jusque-là, et Madame Kron était assurée elle-aussi pour la même raison.

Le 17 juillet, l’assurance santé devient caduque au moment où Mr Kron perd son travail dans cette entreprise. Voici Mr et Mme Kron inquiets, sans trop parce que l’un et l’autre ont l’énorme chance d’être en bonne santé, mais quand même on ne sait jamais ce qui peut arriver. D’autant plus que Mr et Mme Kron ne sont plus très jeunes. Et c’est ici que cela devient intéressant.

Lorsqu’un travailleur américain atteint 65 ans, âge légal de la retraite aux USA, il ou elle peut demander et obtenir sa retraite (Social Security Retirement Benefits)  ET continuer de travailler. Il recevra sa retraite au prorata de ce qui lui est dû par rapport aux années de travail effectué. De plus, écoutez moi bien, c’est aussi à ce moment là que le travailleur reçoit le fameux Plan A du Medicare, couvrant l’hospitalisation sous n’importe quelle forme ( accident, maladie, etc..)

Le Plan A est entièrement GRATUIT. Quand je dis « gratuit » j’entends aucune charge, aucune cotisation n’est retenu sur les retraites. Le travailleur retraité devra payer une quote-part s’il/elle est hospitalisé(e), et ce sera tout.

Mais – oui, hélas, il y a toujours un mais – ce même travailleur-retraité devra aussi obtenir le Plan B, qui couvre tout ce qui est médecine, spécialistes, et médocs. Il ou elle aura le choix de prendre ce Plan B chez un assureur privé, style Blue Cross Blue Shield, ou autre. OU bien, s’il/elle continue de travailler jusqu’à 70 ou 75 ans, comme la plupart des gens en bonne santé choisissent de le faire, il/elle sera éventuellement  couverts par une assurance obtenue auprès de son employeur. Quoiqu’il en soit, il faut aussi etre couvert médicalement par le Plan B.

C’est donc ici que Mr et Mme Kron se trouvent : ils ont chacun le Plan A, et doivent maintenant faire diligence pour obtenir le fameux Plan B obligatoire.

A savoir et retenir : le délai  pour obtenir ce Medicare Plan B  est de 7 mois a partir du moment ou le travailleur de + de 65 ans ne travaille plus. Au-delà des 7 mois, il ou elle devra payer une pénalisation avant de pouvoir obtenir le Plan B.

Obtenir ce Plan B – qui coûte environ $99 par mois et par personne si le travailleur choisit de s‘assurer à travers le programme fédéral –  est relativement facile : il faut simplement avoir la preuve qu’on a été assurés médicalement dans les derniers 10 ans.

Comment le prouver ? Simplissime : votre conseiller Secu US vous donnera un document à faire remplir :

1) par votre assureur si jusque là vous aviez une assurance privée, ou

2) par votre employeur, si votre assurance-santé été couverte par l’entreprise. Votre employeur est tenu par la loi de remplir ce document et de le retourner dans les 3 jours à la Sécu.

Et si l’employeur essaie de mettre des bâtons dans les roues et refuse de remplir le document ?

Et bien – et c’est LA que j’apprécie hautement les fonctionnaires américains – et bien, c’est votre conseiller, en l’occurrence la conseillère, merci, Kathy ! qui prendra le taureau par les cornes, en empoignant son téléphone, et passera 21 minutes montre en main, allant d’un interlocuteur à un autre  pour enfin arriver à obtenir tous les renseignement nécessaires pour votre dossier.

C’est pas beau, l’Amérique, peut-être, Pitalugue ?

( Suite 8 )

________

Ps : On va lui envoyer un panier de fleurs, elle l’a bien mérité.

Chroniques du travail US 6 / les délais

Du nouveau dans l’affaire Zacks : hier, légitimement impatienté par le silence du EEOC,  Zack téléphone aux bureaux du-dit, et demande quelques explications, surtout celle-ci :  Pourquoi n’a-t-il pas encore reçu le dossier promis et postalement envoyé depuis deux semaines ? Venant de Buffalo jusqu’à Zack-City, l’expédition ne peut prendre que 24 heures, 48  au grand maximum.

Martha lui répond, et là, pour moi-la-Chron de service, c’est l’habituelle bonne surprise ( je suis – verbe suivre – la conversation sur mon cell) : Martha est aimable, voix agréable, cadence correcte et en plus elle a appris à répondre au téléphone : elle sourit, oui oui, et ça s’entend !

Martha connait son métier : en deux trois clics, la voici capable d’expliquer à Zack que le EEOC (organisme fédéral) a été contacté par les Human Rights et que l’affaire va d’abord se développer  par l’entremise de cet organisme, représentant l’etat de New York. Chacun des 50 états US possède  sa commission des Droits de l’Homme (Femmes et Enfants, merci messieurs) : lorsque l’abus, la malveillance, l’injustice contre le travailleur découle de discrimination claire et précise, Les Human Rights prennent l’affaire en main. PLus tard, le Equal Employment prendra le relais, si nécessaire, et si l’affaire déborde des compétences de l’Etat. oici donc Monsieur Zack, dirigé vers les services du HR, tant mieux, c’est plus proche de chez nous, s’il faut se déplacer, au coùt actuel de l’essence – je ne sais pas chez vous, mais ici, c’est la folie.

Seconde conversation téléphonique entre Zack, et cette fois, Lynn, représentante des HR  de l’état de NY. Immédiatement capable de donner tous les renseignements : les HR après investigation pour s’assurer que la plante était fondée, ont informé l’entreprise L… L’entreprise avait 15 jours pour répondre et se défendre contre les accusations de Zack.  Le délai se terminait le 20 aout. L’entreprise n’a toujours pas répondu. Les HR ont relancé l’entreprise qui a demandé un second délai de quelques jours. Dès que les HR recevront le dossier de défense de l’entreprise L…, le double des documents sera envoyé à Zack : il aura 21 jours pour répondre à la défense et donner toutes les preuves qui sont en sa possession.

A la suite de quoi, le juge des HR réunira les deux parties dans son cabinet et entendra le plaintif, puis l’accusé : il tirera ses conclusions de cette confrontation.

Zack et l’entreprise peuvent soit se defendre seuls, soit se faire assister par un ou plusieurs attorneys.

Mais dans tout ceci, ce qui importe au plus haut degré c’est la réponse que Zack fera lorsqu’il recevra les documents de l’entreprise : cette réponse s’appelle un REBUTTAL, et consiste à répondre à chacun des points de défense de l’entreprise sans crainte et en toute honnèteté : n’oublions pas que les juges du HR sont assermentés comme tout représentant de la justice et  bien entrainés à déceler le mensonge dans les erreurs, contradictions, et hésitations des deux parties en présence.

Le rebuttal est donc la phase la plus importante de toute l’affaire. C’est aussi la phase la plus intéressante, car Zack saura enfin ce qui lui est reproché par l’entreprise à travers  ce que celle-ci va trouver pour justifier la terminaison du travail et le renvoi dans des conditions  insultantes … à part le fait qu’il soit âgé de 67 ans ?

C’est egalement la phase la plus stressante. Donc, les travaux seront suspendus dans le maison blanche pendant tout le mois de septembre : on ne peut mener de front  un rebuttal et l’installation d’une cuisine. Parce que oui,  dans le déroulement de l’opération travaux, ce qui est au programme après l’installation de la SALLE DE BAIN, c’est la cuisine,  logique, non ? Ca attendra octobre.

Qui parle de s’ennuyer ?

( Patience, patience, et .. la suite )

Chroniques du travail US / 5 – The establishment of age discrimination

Comme dans toute machine administrative, la mise en route de la plainte contre L… démarre lentement. Mais ici, contrairement à l’Europe, où l’on ne sait jamais quel sera le suivi,  nous sommes au moins assurés d’une prise en charge sérieuse et continue, une fois passés les premiers jours  d’attente.

Tout est donc en place maintenant. Hier matin, premier interview téléphonique  par une des investigatices du EEOC.  Huit questions, 12 minutes, et de bonnes raisons  d’espérer. Merci Madame. Bien entendu, c’est loin d’être gagné,  nous sommes des David contre le Goliath en question. Mais au moins, nous savons que  L… est sous investigation, que la première tranche de cette investigation a prouvé au EEOC qu’il y avait anguille sous roche, puisqu’ils déclenchent maintenant  les interrogatoires du « complainant ». Si le EEOC a des doutes au sujet d’une plainte portée par un employé, l’agence ne poursuit pas l’investigation et  informe le plaintif de la nullité de sa plainte.

Recevoir un confirmation d’investigation est donc un bon point pour le plaintif. Mais attention, ne pas être pressés !  il y en a bien au moins pour les 6 prochains mois. C’est maintenant qu’il ne faut pas baisser les bras. Les Human Rights  feront aussi leur investigation de leur coté, dès que le EEOC leur enverra leur détermination.

En attendant, Mr. Chron a commencé les démarches, que nous savons totalement vouées à l’échec, pour retrouver un travail. Au hasard des dossiers a compléter, on rencontre ce genre de merveilles, ( K-Mart ) :

 » Avez-vous moins de 16 ans ou plus de 40 ans ? « 

Je l’ai imprimé, ca peut toujours servir !

Age discrimination is well  and alive in Oncle Sam’s country.

(suivre l’affaire Zack  – 6 -)