D’abord, il y a Thanksgiving

La Chron et sa famille ont passé Halloween, partagés entre le désir de participer à la joie des enfants, mais le cœur serré en pensant à tant de familles vivant à seulement trois heures de route de chez elle, et dont les ressources sont anéanties, ceux qui ont perdu maisons, souvenirs, mobiliers, voitures dans l‘ouragan Sandy. Ce ne sont que des biens de ce monde, direz-vous, et c’est vrai que ça se remplace. Vrai aussi que c’est le moment de montrer que la solidarité et la générosité ne sont pas de vains mots. Mais tout de même, plus elle avance en âge ( et elle avance, oh la la , oui, elle avance ! ) la Chron mesure a quel point on s’attache à une maison, un certain bahut de l’arrière grand mère et un album de mariage, même très ancien.

Il n’y avait donc pas foule dans les rues, ce soir du 31 octobre 2012,  et on n’entendait pas les cris et rires habituels.  Seuls les très jeunes enfants  faisaient la ronde accompagnés de l’un des parents parfois, souvent, des deux. Il reste un grand saladier plein de bonbons.

C’était un mardi soir, et le dimanche suivant, on a changé d’heure. Comme si ce n’était pas suffisant en changements, le temps s’est mis de la partie : il a changé la pluie en neige, et les derniers contreforts sud des Adirondacks sont blancs depuis une semaine maintenant. Les feuilles ont déserté l’érable de la Maison bleue. Les petits cottonwoods plantés en avril dans La Blanche  dressent au ciel des branchettes rouges fragiles, si quelqu’un dans la modeste assemblée de mes lecteurs a un avis à me donner pour les préserver du froid, please de chez please, soyez pas timides : je fais quoi ?

Monsieur Chron a ratissé la pelouse, tondue court, mais pas trop  pour éviter les mousses. Les meubles de jardin sont rentrés. On traverse les allées en frissonnant. Bref, c’est bien Novembre, et dans onze jours tout ronds, c’est THANKSGIVING.

Une année sur deux, nous fêtons Thanksgiving chez les parents de notre belle-fille Elaine, épouse de Kit. Ils possèdent (les parents) l’endroit idéal pour un Thanksgiving idyllique, perchée haut sur une colline dans le versant nord des Catskills.

Vaste, entourée d’arbres, de jardins, de prairies, de vergers, leur Maison Jaune possède ce don magique de se retirer hors du temps et des tempêtes, ce qui est, il faut le dire, bien pratique lorsqu’on sait que le jour de Thanksgiving est souvent froid et neigeux. Comme il n’y a, pour accéder  au domaine, qu’une route de montagne escarpée, à deux voies et tortueuse,  avec deux ou trois à-pics impressionnants, on comprendra que l’arrivée sur le plateau au bout d’une heure de trajet soit toujours salué par un (énorme) soupir de soulagement.

(L’ennui, c’est que quatre ou cinq heures plus tard, il faut redescendre, et trois fois en six ans ce fut dans la tourmente. Une année, nous avons mis deux heures pour faire les 45 miles qui séparent leur maison de la nôtre.)

La tradition de Thanksgiving veut que chaque invité apporte “quelque chose”  qui se mange,  hors d’œuvres, plat de légumes, salade ou dessert. Les hommes apportent vins et bières. D’accord avec Ellen, la Chron apportera une plat de céleri au gratin et des verrines de mousse au chocolat décorées de fines lamelles d’écorces d’orange confites au grand Marnier. Vous voulez la recette ?

Nous serons, comme d’habitude, entre 12 ou 14 personnes, adultes et enfants mélangés. La veille et le matin, nous donnons un peu de notre temps, un peu de notre argent, aussi, à des œuvres caritatives qui  offrent le traditionnel repas de Thanksgiving aux sans-abris. Le lendemain, les jours suivants,  ces repas sont maintenus dans la plupart des églises, temples et  synagogues de la petite ville, qui était, il y a quelques années, singulièrement bien pourvue à la fois en sans-abris, hélas,  et en donateurs, heureusement. Ce qui a eu pour résultat un nombre décroissant de homeless, et un nombre croissant de foyers et logements à prix modérés. Un nombre croissant, aussi, de personnes de toutes conditions, sexes et âges qui apportent ce qu’ils ont ( temps ou argent, parfois les deux)  pour que la rigueur des hivers de l’état de NY ne tue plus personne.

Et après Thanksgiving ? Et bien, mais c’est le sapin, la décoration de Noël, tout ça, la chasse aux cadeaux . Et avant Noël, Hannukah. Bref : les fêtes de fin d’année, et ce sera l’objet d’un autre article

En attendant, pensez-y, les Français d’Amérique : dans onze jours, c’est la DINDE !

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le nouveau bureau

Après la salle de bain et les chambres, mais avant la cuisine, la Chron et son monsieur ont attaqué le bureau. Ils attendent le charpentier qui va installer une grande fenêtre à la place du finestrou sinistre qui ne leur offre qu’un minuscule coin de ciel bleu. La nouvelle fenêtre sera à ouverture verticale et à glissière, 1,00 x  1,35 m et arrivera juste à hauteur de la table à écrire. Coùt de l’opération fenêtre = 600 $, fenêtre inclue.

Et en attendant qu’elle arrive (elle est faite sur mesure, et arrivera dans le courant de la semaine prochaine) Chron et Cie attaquent les deux murs opposés, est et ouest, qui deviennent des bibliothèques. Le paneling qui recouvrait les 4 murs en entier n’est PAS  du plastique comme le pensait la Chron – l’avait pas mis ses lunettes, ou quoi ? Ce sont de vrais panneaux de vrai bois des forêts, et par un revirement tout a fait Chronien, les deux complices ( Mr. et Mrs. C) ont decidé de le garder sur au moins deux murs – les Est et Ouest – de les garnir de rayonnages et hop, voici deux belles bibliothèques  de part de d’autre, chacune pourvue de 8 étagères – et chaque étagère pouvant supporter entre 100 à 130 livres selon grosseur,  hein ? De la place pour près de 2000 bouquins, c’est quelque chose, non ? Non, dans notre temps de fin du livre, on se demande comment il peut y avoir encore des gens de par le monde, et qui plus est dans le Nouveau, pour encore se soucier de ranger des livres. Plus la poussiere, hein ? Mais quand il s’agit de ces deux -là, faut pas être surpris.

Photo, un mur est (presque) terminé :

Bibliotheque Est.

La moquette rose ? on en reparlera dans le prochain numéro.

One, two, three, NOVEMBER

Ce soir, Halloween : et l’ouragan Sandy qui nous joue des tours pendables,  accélérant notre entrée dans l’hiver.

Nous culbutons dans Novembre avec, ce soir, les Trick or Treat  de rigueur, les bonbons et les rires, les déguisements, les parents  fiers comme artaban exhibant une progéniture  renfrognée ou rieuse, les deux paniers pleins de bonbons achetés  à Shop Rite et à Price Chopper. Pas de citrouille devant la porte cette année. Ce sera compensée dans trois semaines, par un beau sapin tout rutilant de lumières multicolores parce que, a dit le Kit, y’en a marre des lumières blanches, ça fait triste. On reviendra donc aux couleurs et ce sera le week-end qui suivra Thanksgiving.

Et entre-temps ?

Dimanche prochain, le 4, on changera d’heure.

Deux jours plus tard, le 6, on votera, mesdames et messieurs. Les pronostics nous racontent des blagues, une seule chose  est certaine :  ce sera O ou Mitt, Barack ou Romney, ce ne pourra être que l’un ou l’autre. J’ai acheté un livre qui traite d’un troisième party, The Independents, mais c’est juste pour rêver.

Le 8, grande date,  ma seule et unique petite-fille fêtera ses 18 printemps en automne : oui, ça s’arrose, on a déjà mis la Blanquette au frais, et on boira joyeusement à ta santé, ma grande, malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent. On en reparlera, ici même, en temps et en heures..

Le quatrième jeudi du mois, le 22 novembre, on ira manger la dinde en famille chez nos amis qui ont une si jolie maison en haut du dernier contrefort des Catskills. Il se pourrait qu’il neige, vu l’instabilité du weather actuel. Nous coucherons donc chez eux, on s’amusera bien, finalement, j’aime de plus en plus Thanksgiving. J’apporterai des  mousses au  chocolat et un gratin de cœurs de céleri/p de t. : un plat de légumes simple, a demandé Ellen. Et un dessert qui ne soit pas pommes.

Le lendemain, vendredi 23 , ce sera Black Friday, on se rue dans les magasins pour les dévaliser, il y a des soldes effarantes, on se bouscule, on s’énerve, on sort de là un œil au beurre noir et le portefeuille  écumé, MAIS on a fait les soldes, et on est heureux. Sauf moi qui ai horreur de la foule en folie. Les affaires qui se font pour Black Friday tiennent dans une feuille de persil. Mais il faut commencer de penser sérieusement aux cadeaux de Noel.

Deux jours plus tard, cette année ce sera le 25, un mois exactement avant Noël : c’est traditionnel dans notre famille, on va chercher le sapin, rain or snow.

Donc, ce matin, nous plantons des crochets partout sur la façade sud de la maison blanche. Nous y accrocherons, au gré de notre fantaisie, des couronnes de Noel, des guirlandes vertes, des gros nœuds rouges, et des lumières. Il n’est jamais trop tôt pour bien faire. Oui, vous aurez des photos.

Happy Halloween everyone !

Testament : Française, Américaine, quelle loi prévaudra ? / 1

Il y a des jours où la Chron se sent terriblement Américaine ; des passages de temps, comme celui que nous vivons un pied dans le futur absolu du 6 Novembre, l’oeil rivé à  ce mardi, le 1er du mois prochain, où nous balancerons le président actuel pour en mettre un autre à la place, ; ou, au contraire, nous le conserverons à la Maison Blanche  pour quatre prochaines années et le verrons blanchir un peu plus chaque mois. Au fil de guerres,  traitrises, banqueroutes et autres réjouissances. Vieillir en Présidence, c’est vieillir plus vite que le commun des mortels.

La Chron et son Monsieur, comme chacun sait, ici, ne sont pas jeunes. Tous deux à la retraite, dont un forcé ; tous deux soudain plein de loisirs et de temps à perdre ; tous deux conscients que le temps devant eux ne se mesure plus en nombre de deux chiffres, peut-être ; tous deux d’accord qu’il y a « quelque chose » à faire, et que c’est urgent. Mais quoi et surtout, comment ?

Les voici ce matin  comme Colomb à bord du Santa Maria, comme les Pilgrims en vue des côtes de Providence ( Massachusetts) émergeant vaguement du brouillard le 20 decembre 1620 :  les voici découvrant un nouvel aspect de leur amérique. Les voici dans l’inconnu,  l’un qui devrait pourtant savoir depuis toujours, l’autre résolument hérissée de questions pointues devant cette ignorance. Les deux, s’acharnant  sur ce mot  qui dit la même chose en francais et en anglais : testament.

Pour vous lecteurs et lectrices établis aux USA une chose est sûre : Vous pouvez, peut être, penser qu’étant Français les lois américaines ne vous concernent pas si vous êtes pour seulement quelques années aux USA et que c’est la loi française à laquelle vous êtes habitués qui va prévaloir. Détrompez-vous.

Tous les biens immobiliers qui sont situés aux Etats Unis obéissent à la loi américaine quel que soit votre lieu de résidence ET si vous êtes domicilié aux Etats Unis (ou que vous êtes Américain), tous les biens que vous avez dans le monde sont également soumis à la loi américaine.

Or, que dit la loi  américaine au sujet de ce qu’il adviendra de vos biens lorsque vous ne serez plus là pour taper du poingt sur la table et faire respecter votre volonté ? C’est ce que nous devons savoir. Et ce que nous savons, pour l’instant, tient en ce que  chacun doit faire : un testament. Le seul bouclier, la seule protection contre la rapacité des malfaisants.

L’âge n’intervient pas. Nous connaissons un jeune monsieur de 13 ans qui vient de faire  son « will » parce qu’il entend léguer sa collection de  balles de base-ball, qui lui vient de son grand-père, à son jeune oncle.  Le reste, dit-il, n’a aucune importance. C’est beau, à 13 ans, d’être ainsi détaché des biens de ce monde. Nous lui souhaitons longue vie, et plusieurs dizaines d’autres « wills »  futurs.

(suivre)

HAPPY FOURTH OF JULY

Photo courtesy of Country Living

Jour de fête, on pavoise, il fait ici un temps superbe, on pourra cuire les hamburgers sur le BBQ, s’amuser dehors en buvant des bières et que demande le peuple ?

Les “services” sont fermée, pas de banque, pas d’école – oui, c’est vrai, c’est aussi le temps des vacances scolaires !. Pas e courrier, pas de … c’est tout. Les bureaux de l’état et ceux  du gouvernement sont fermés aussi.

Tout le reste est ouvert. Petite concession aux réjouissances, le magasin de Monsieur Chron fermera à 20 heures au lieu de 22, quel gros effort pour fêter la mère Patrie !

Hier,  une file d’acheteurs arrivait au milieu du méga-magasin de vins et alcools. Les caissières irritées, : c’est la première fois que je vois un mouvement d’humeur chez une caissière américaine. L’une d’entre elle me dit que c’est ainsi depuis le matin. L’américain moyen a découvert les vins depuis une vingtaine d’années et délaisse les bières, qui font  trop pipeule, j’en conclus. Dans la file, ici, stylettos et cravates, vins blancs de Californie, des rosés de Provence, quelques beaujolais.

ON a taillé court la pelouse, nettoyé les pots de géraniums, arrangé les arbustes. Arrosé le jardin de 17 à 20 heures ; et aussitôt les piaillements des oiseaux qui accourent jouer dans les jets d’eaux. Nous n’utilisons aucun produits chimique dans le jardin, ca pousse comme ca veut, on se contente de tondre, c’est tout ce que nous sacrifions à la vie publique : qu’on ne nous demande pas, en plus d’empoisonner les oiseaux et les écureuils sous prétexte  de beaux massifs.

En réponse, ils, oiseaux et écureuils, accourent chez nous des quatre coins du quartier. Ca fait des dégâts, les écureuils font des trous, les oiseaux salissent la voiture, mais quoi ?  Un jardin sans animaux qui courent, sautent voltigent et roucoulent, ce n’est plus un jardin.

Monsieur Chron se joint à moi pour vous souhaiter un beau, ensoleillé, superbe, joyeux et “safe” FOURTH OF JULY , everyone !

C’est le chantier !

 Le carrelage de la cuisine est entreposé dans ce qui sera la buanderie,

à coté de la cuisine – même carrelage blanc pur antidérapant.

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ah la la , je reviens avec des photos, parce que ce serait bête de laisser perdre ces précieuse délicieuses dégueulasses images, souvenirs de cet été de travaux en tous genres.

la baignoire dans la chambre verte

On a reçu les « choses » qui font une salle de bain, baignoire, vanity, lavabo, robinets, toilettes, et u tas de tuyaux  de toutes les couleurs, les constructeurs américains sont des artistes. OK, c’est entreposé dans la chambre à donner ;

le lavabo dans la chambre bleue

sauf le lavabo, sinon on ne pouvait plus arriver jusqu’aux fenêtres pour les ouvrir et par la canicule qu’il fait, faut quand même aérer au moins pendant la nuit.

le carrelage salle de bain, plus les éclairages plafond encore dans leurs boites, chambre verte

Le carrelage de la s de b est entreposé aussi dans la chambre qui sera-verte.

Les éclairages, appliques salle de bain et appliques de plafonds, sont entreposés dans la chambre également.

Ce sera in walk-in closet, faites travailler l’imagination !

Les plinthes et autres sont entreposées dans le walk-in closet de la ch. bleu – elle EST bleue, ha ha, j’ai enfin fini la peinture des murs, les fenêtres sont terminées, sept en tout à l’étage, hein ? Le walk-in closet, lui a besoin d’un sérieux coup de main

peintures et pinceaux, chambre verte

Et on continue de PEINDRE, tout ceci en témoigne, non ? pas de rouleaux, chez nous, c’est tout à la brosse.

Les sols des chambres… ah, qu’on ne me parle pas des sols des chambres jusqu’après les travaux, ou le printemps prochain ?

Appliques (sconces) salle de bain

Mais l’électricité, c’est terminée… à l’étage .

Ils quittent la France

Ce matin, je suis très troublée par cette découverte : un grand nombre de mes amis virtuels vont quitter la France. D’autres l’ont quittée le mois dernier. Le printemps serait-il le temps  des migrations humaines ?

Ce n’est pas l’effet du hasard : c’est la réponse logique à une situation donnée, qui varie avec chaque individu – non, je ne crois pas que le résultat de dernières élections y soit pour quelque chose, quoique …

Sylvain et son épouse vont s’installer à Montréal, pour un mois ? pour un an ? je ne sais pas, je découvre son blog ce matin : nous pouvons suivre les derniers jours du déménagement, la remise du chat caramel aux beaux-parents, et le camping dans le living tant qu’il y a encore un lit gonflable.  La suite dans les semaines à venir. Un site à suivre de près.

Cédric et Marion vont arriver à Sherbrooke  dans ( ?) un mois, une semaine, quelques jours ?) bientôt et nous pouvons suivre les péripéties du déménagement avec deux jeunes enfants sur le bloc de Marion, En Route pour Sherbrooke . (tiens, j’avais une « connaissance » virtuelle là, il y a longtemps. Je ne sais plus ce qu’elle est devenue. Trace perdue dans les limbes webbiques)

Bon courage aux nouveaux expats francophones : et il y en a d’autres qui se bousculent derrière, Carmen, Dorothé, Fabrice ; Léa et ses filles ; Mina, son f rère et leurs parents  et tant d’autres.

Sentiment mélé, commisération et admiration. On en reparle.

En Beaujolais, promenade d’hier

Je trouverais dommage de ne pas vous inviter aux balades champêtres de Jimidi en Beaujolais, ce serait de l’égoisme pur et simple : donc, je  vais chiper LA photo hebdomadaire sur son blog tous les lundis. Ensuite, vous pourrez aller voir les autres sur son site en cliquant sur le lien en bas de l’article.

Ce jour d’hui, j’ai choisi une maison, cabane, abri, écurie, bergerie ? Elle est en pierre avec une petite ouverture toute en haut, correspondant peut-être à un grenier à foin ?  L’ombre portée des arbres alentours  anime cette façade austère, élevée dans un but uniquement pratique. Quand on sait où elle se situe, en pleine nature, avec les montagnes dans le lointain, et les fleurs et l’herbe, et l’air qu’on respire et le soleil et ses merveilles, on rêve de quitter les maisons bleues ou blanches et d’aller là-bas, finir tranquillement nos jours dans les splendeurs fugitives.

Les autres photos, c’est ici.  (montagnes dans le lointain, herbes, fleurs, arbres et prairies )

Before and after

ou, plutot, after and before : je suis très fière de mon travail de peinture, ah ah ah !!

en blanc et jaune, comme elle est ce matin . En brun, comme elle était quand nous avons déménagé

Le sol sera carrelé blanc pur.

Et les boutons de porte, de Anthropologie, qui iraient parfaitement …

Elections et dogwood

Beau temps pour jardiner, ici, en attendant les élections américaines  (dans six mois),  et suivant les conseils d’Ariana ( Alabama)  on va planter une petite allée de DOGWOODS pour animer  le coté du chemin qui longe la maison.

Nous jardinerons tout en suivant les résultats des élections à la française et à la grecque.

Cette année 2012, on s’en souviendra.

Météo : ciel bleu, beau temps, pas de vent, un beau dimanche de printemps.

 

Du déménagement et de l’art de s’accrocher aux branches

Un déménagement, ce n’est pas seulement transporter des meubles et des objets d’un endroit dans un autre. C’est aussi bouleverser un certain nombre d’automatismes qui nous simplifient la vie, et que nous sommes en grand danger de perdre, irrémédiablement.

Ainsi, les interrupteurs : lorsque, dans notre nouvelle demeure, nous entrons dans une pièce obscure, nous tâtonnons instinctivement à droite, étonnés de ne rien trouver, et il nous faut une fraction de seconde pour reconsidérer la question sous son nouveau jour, qui est “ maison étrangère”.  Retour à la case départ.

Les bruits nouveaux aussi surprennent. Le chauffage de la maison bleue s’enclenchait en faisant une certain “ rhoooooôô “ plutôt rassurant : bon, la chaudière fonctionnait toujours, la panne ne serait pas pour ce soir, tout allait bien.
Ici, le chauffage roule sur du velours, les bruits sont estompés par la double épaisseur de moquette, la sonnette de la porte d’entrée fonctionne, conclusion, nous avons ôté cet assemblage de grelots et clochettes chrismasdesques suspendu à la poignée, et dont le tintinnabulement m’annonçait l’arrivée de quelqu’un, même si j’étais au fin fond de la cuisine. Ici, c’est un simple et sec “dring”. Court et strident assez pour que je l‘entendes parfaitement. Mais sec, je le répète. Et pour moi, un son peut être tout ce qu’il voudra, sauf sec. Je regrette mes grelots.

On s’y fera. Les autres automatismes, gardons-les précieusement, comme ces cinq gestes qui président à l’élaboration du cafiout, entre autres. J’ai connu une dame qui pouvait à la fois repasser et calculer mentalement son budget au point que l’heure suivante, lorsqu’elle mettait le-dit budget en chiffres sur papier, elle arrivait aux mêmes résultats. Ma grand mère faisait la vaisselle tout en établissant un calendrier de plantation pour son jardin à légumes. Je me suis souvent évadée du fastidieux travail de préparation d’une soupe de légumes en établissant les bases d’une nouvelle. Les automatismes servent à cela, ils libèrent notre pensée ; en ceci, ils sont précieux.

Ils nous servent aussi de repères dans une nouvelle maison. Si je devais penser chacun de mes gestes du petit matin, juste avant mon poison noir et brulant, je ne fonctionnerais plus “normalement”. Je sais, on dira que je suis accro au cafiout : moi dire que c’est peu, comparé à d’autres addictions et s’il ne nous faut que cela, cinq petits gestes rituels au lever, pour nous remettre en fonction, bénis soient-ils.

Car il faut s’aimer un peu, c’est une des conditions de survie en ce monde. Une autre tasse ?

Pauvre Moïse

Les Dix Commandements passaient samedi soir sur la chaine 11, et une fois de plus, la Chron s’est endormie avant le passage de la Mer Rouge, pauvre Moise !

Suggestion pour ces messieurs-dames qui règnent en Cinéville : qu »ils s’attèlent à un ouvrage cinématographique qui au lieu de nous raconter l’histoire de Moise, nous expliquerait ce que SONT ces dix commandements, et ce qu’ils signifient. Pour “comment les suivre”, chacun voit avec sa conscience.

Un film en dix point qui parlerait d’amour, de justice, de loyauté, de fraternité, ce ne serait pas plus difficile, moi croire, que d’écarter les eaux pour faire passer une armée — les ficelles du cinéma d’il y a 50 ans sont grosses comme la Tour Eiffel, et ça fait sourire au 21me siècle.

Oui, ces Dix Commandements, si on en reparlait sérieusement ?

C’est vrai, et je te l’accorde : ils nous gênent terriblement depuis que le monde est monde, mais pourtant, en dix points, il y a en eux plus de sagesse que dans tous les livres de loi édités par nous pauvres frères humains. Dix points que peu d’entre nous parviennent à suivre toute leur vie. On n’est pas des anges, ma soeur. Pitang dis donc, ça pèse, la terre, aux souliers !

Pardon ? Ah, oui, là tu marques un point : nous ne les connaissons pas plus par cœur. Tiens, un challenge : qui dans la foule des deux douzaines de lecteurs de ces Chroniques serait encore capable de les réciter dans l’ordre ? Non, moi non plus.

Ben voilà on va en parler, donc, puisque personne ne se pose plus la question.

Quand même, pauvre Moise, que doit-il penser de nous ?

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La maison jaune

Elle est de l’autre coté du boulevard, de l’autre coté du jardin, et tournée vers le nord-est. Ce matin, la voici éclairée de biais par le soleil de la première heure, resplendissante dans son cadre de feuilles nouvelles nées. Combien de temps encore restera-t-elle debout ? Elle a au moins 100 ans, peut-être plus.

Cette ville possède un tel trésor de vieilles maisons, dont la plupart sont à vendre et à la portée de toutes les bourses. L’ignorance des belles choses est ici à son apogée : et la destruction qui s‘ensuit : on laisse deux compagnies, privées — l’électricité, propriété de National Grid, une entreprise dont la maison mère se trouve à Londres ; et le câble internet, propriété de TimeWarner, dont la maison mère se trouve ici – faire absolument ce qu’ils veulent et comme ils le veulent, sans limites. D’où la surabondance de fils zébrant les cieux de nos rues, et les poteaux plantés au petit bonheur la chance le long des trottoirs : oui, encore heureux qu’ils n’aient pas osé les planter au milieu des jardins privés.

La maison jaune est occupée par deux familles, c’est-ce qu’on nomme ici un “duplex”. Il est rare que les propriétaires de ces maisons vivent sur place : beaucoup ont investi dans ces maisons au début du siècle, alors qu’elles n’avaient pas encore la cote qu’elles commencent à avoir maintenant. Elles sont d’un bon rapport, entre 18 à 22 % l’an avant taxes ; qui dit mieux en nos périodes d’intense trouble économique ?

Un seul handicap, de taille : les impôts immobiliers très élevés : pour cette maison jaune, le propriétaire doit payer entre 400 à 500 $ par mois, soit environ 33 % de son rapport.

Pourquoi ces impôts immobiliers vertigineusement élevés dans cette petite ville dont le revenu moyen per capita ne dépasse pas le plafond pauvreté ? Parce que General Electric ; General Electric, tout le monde connaît, mais combien savent que cette compagnie a ses racines ici ? Ce sera le sujet d’un prochain article.

Pour l’instant, il suffit de savoir que si GE payait les taxes qu’il devrait payer, les impôts immobiliers seraient réduits de deux tiers.. Ah, quand même ?

Et le propriétaire de la maison jaune pourrait, avec la différence faire les réparations qui s’imposent pour conserver sa maison pendant encore un grand nombre d’année.

But, who cares ?

Mousse pelouse

La pelouse est grande, de l’herbe, bon, les anciens propriétaires la tondaient très rase et souvent. Notre voisin nous dit : “ C’est pour cela que vous avez de la mousse”.

Google confirme : c’est vrai, il ne faut pas tondre les pelouses trop court, ni trop souvent, elle se défend contre l’assèchement dû à une tonde sévère en faisant de la mousse : c’est très vivant, une pelouse.

J’incrimine les deux gros sapins ; et les couper, certes, c’est déjà prévu, mais ce ne sera pas avant l’an prochain, printemps ou automne 2013. L’ombre est acide, et je n’aime les sapins qu’en haute montagne, et groupés en forêt. En pleine ville, c’est ( just my own opinion) un anachronisme. Sauf bleus, et petits.

Mon autre voisin, qui est voisine parce que dame, Beth, me dit : “ Nos jardins manquent de .. ( et là j’ai perdu pied : Potassium ? Calcium ? Radium ? Quelque chose qui se finit en “-um”, en anglais ) Ce serait la cause des mousses. Elle en a aussi dans son jardin et s’en moque, elle la trouve jolie et fraiche aux pieds, en été. Je ne suis pas loin de la croire.

C’est vrai qu’elle est jolie, cette mousse, d’un vert clair un peu jaune, on la voit parfaitement, par plaques plus claires, sur les  photos. Jolie comme celle que nous mettions autour de la crèche, dans nos lointains Noëls. Les enfants méditerranéens ne connaissaient pas la neige, en ce temps là, car il n’y avait pas eu encore le famous infamous réchauffement de la planète et jusqu’en 1960, il n’y avait dans le village qu’une dizaine de voitures, c’était peu pour polluer à coté des 325 qu’on a dénombré en 2002, quand j’y suis revenue pour visiter une dernière fois : 325 voitures, une pour 1.75 habitant. Mais trêve de digression.

Donc, voilà l’histoire de mon jardin moussu, et si Moussu Monsieur Jimidi passe par ici et peut nous expliquer le pourquoi de la chose, et son remède, nous lui en serons éternellement reconnaissants, nous tous.

Apres le grand chambardement

la Chron attaque la salle d’eau au burin  et paf, exit the shower … puis, beurg, voici ce qu’elle trouve :

Et les murs, c’est pire :

Bon, et bien, y’a plus qu’à retrousser les manches, hein ?

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La trace jaune sur les dalles vynil, c’est un tapis de bain qui a déteint, parait-il…  (??? )  faut le faire, tout de même