Coupée du monde

… ou presque, l’ordi sera débranché sitôt cet article lancé dans les Chroniques.  Ce n’est qu’un au revoir. Et comme la Chron l’avait prédit , il pleut, mais who cares ? 

A plus tard donc, fidèles lectrices et lecteurs de ce petit journal franco-américain.  Merci pour votre fidélité.  je vous retrouve dans trois jours, et je ne vous parlerai plus de cartons, promis juré.

Prochain numéro, la semaine du 19 au 25 mars, celle de my birthday,  en plus, un bonheur n’arrive jamais seul.  Pensez un peu à moi, j’ai besoin d’énergies positives.

See you all later

Grand Moving Day

Dans une semaine exactement, on sera sur les dents dès potron-minet, les vieux Chrons plus les deux jeunes Chrons, plus Daren, l’ami de la famille et beauf des Chrons jeunes. A cinq, ça devrait aller puisqu’il n’y aura, si tout marche bien, “que” les gros meubles à emporter. Oui, je sais, on a la mauvaise manie de s’encombrer de vieux meubles impossibles qui pèsent une tonne, mais à cinq, on va y arriver. Et la distance est courte, à peine 6 minutes montre en main d’une maison à l’autre.

Parlons chiffres : louer un petit camion pour déménager est a portée de n’importe qui, aussi la majorité des américains font-ils leurs déménagement eux-mêmes. Ils ne prennent un déménageur de métier que pour le longues distances, par exemple, l’année où les Chrons ont décidé de quitter l’Amérique, c’est l’entreprise Mayflower qui a embarqué leurs meubles et meublants en cargo, pour leur faire traverser l’Atlantique, arriver au Havre et descendre toute la France pour être déchargés à coté de Carcassonne. Deux ans plus tard, les mêmes meubles faisaient le trajet en sens inverse, sous la direction d’une compagnie de déménagement française dont je tairais le nom par pudeur – d’ailleurs, tiens, ce serait le moment pour moi de me payer une belle revanche et d’expliquer comment ils ont réussi à casser et abimer la moitie du chargement.

Donc, ici, location d’un petit camion à la journée, U-Haul = $19.95, + 0,50 centimes par miles. Les Chrons males iront chercher le camion vendredi soir et comptent bien le ramener au magasin le lendemain.

Location d’un diable ($12.00 / journée). Un lot de couvertures fournies par l’entreprise. On peut aussi louer des cartons, mais ce n’est pas recommandé, comme expliqué dans un autre article, pour raisons de propreté.

Penser le déménagement, c’est surtout savoir OU vont aller chaque gros meubles dans la maison nouvelle : les chaises et petites tables, pas grave, on peut les bouger avec une main : mais le gros bahut ou le piano, hein ? Et les lits ? Je me souviens d’un déménagement à Courchevel où sommiers et matelas furent montés de la route supérieure dans les chambres en passant par le balcon – oui, bon, c’était dans les années sauvages, mais quand même : savoir où vont les choses évite bien des tensions et énervements.

A ce sujet, et lorsque les hommes déménagent, il est impératif que les femmes se taisent. Je sais, je suis féministe dans l’âme et rebelle à toute injonction de la boucler ; mais dans ce cas là, et dans ce cas-là seulement, j’avoue que les conseils féminins et les petits cris de terreur ou les injonctions style ’tu vas te faire mal “, “ attention aux pieds de la table à ouvrage de mon arrière grand mère “, ou “ ca ne passera pas, je te l’ai dit, ca ne passera pas…” sont très mal venus pour ne pas dire pire. Même si vous avez raison. Donc, Mesdames, si vous n’êtes pas en mesure d’aider physiquement, partez, ne restez pas dans les pieds des costauds qui bougent les choses et si vous devez rester dans les parages, taisez-vous et faites-vous invisibles.

Savoir où vont les choses : coller sur chaque meuble un petit clip de couleur vive avec l’emplacement dans la future demeure : dining, living, kitchen, BR 1, BR2, etc.… Ils savent lire. Aller discrètement vérifier si les gros meubles sont en place et ne pas attendre le lendemain et l’absence de gros bras musclés pour les transporter où ils doivent être : vous voyez, Mesdames, que nous pouvons rester efficaces et silencieuses en même temps ? Un simple signe de la main suffira.

Ne pas faire : vouloir déballer la vaisselle le jour du gros déménagement.

Faire : se munir de café, eaux minérales, pizzas, chocolat, et bières pour la fin quand ils reviendront après avoir ramené le camion. Lequel devra être passé à la station d‘essence pour refaire le plein juste au moment de le ramener, le leur rappeler discrètement, et garder le ticket comme preuve. L’heure marquée sur le ticket de caisse est la preuve que le plein vient d’être fait dans les règles.

Et les cartons ? Mais ils sont finis, les cartons ! Finis et transportés là bas, et empilés dans deux petites pièces à l’écart des allées et venues de samedi prochain. Il y en a 47 en tout.

~~~ Prochaine série : On emménage. Premier épisode, dernière semaine de Mars : le plombier.

Ah là là !

Déménager, c’est surtout …

… vider des placards, remplir des cartons, et, ailleurs, vider les-dits cartons pour remplir d’autres placards et étagères. De la folie douce, si vous voulez mon opinion.

Living

 bureau

mais encore toute la bibliotheque de l’entrée à vider, arghhhhh

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Heureusement, il y a aussi les surprises : par exemple, retrouver, alors qu’on l’avait cru perdu à jamais, un livre qui fût offert à la Chron à l’occasion d’un hiver particulièrement froid : Peg Meyer, alors journaliste-reporter photographe au Minneapolis Tribune, a reuni dans ce livre album les lettres  envoyées par les pionniers de la seconde partie du dix-neuvième siècle à leurs amis et parentée d’Europe, avec des conseils sur ce qu’ils et elles devraient amener avec eux si d’aventure l’envie leur prenait de faire la traversée de l’Atlantique pour venir s’installer dans cet état du Minnesota, qui, comme chacun sait ou non, est le seul des 50 américains à avoir pour motto  trois mots français  » L’Etoile du Nord »

Le second état à avoir également la renommée d’être  le plus froid après l’Alaska. D’où le titre du livre de  Peg Meyer  : Bring Warm Clothes

Comment arrivaient-ils à s’installer dans cette partie encore très sauvage, eux, leurs favoris, leurs chapeaux, et leurs crinolines ?

Comment, surtout, ont-ils pu survivre avec ces températures si rudes, froids intenses, chaleurs accablantes, tornades, neige… ? Ils étaient pour la plupart des Scandinaves habitués aux longs hivers.

Déménagement, suite.

Aujourd’hui et demain, c’est l’emballage des choses fragiles, auxquelles on tient le plus. Par exemple, l’emballage du Bernardaud « Coquilles »,  1952, un « heirloom » de famille complet, 18 couverts, et qui m’a suivi partout autour du monde. Rouleaux bulles et papier  matelassé de rigueur. Un conseil :  scotcher les cartons triple pour la vaisselle fine et les verres de prix. Mettre dans les cartons, au fond, une pile de 12 assiettes, et par dessus, bien enveloppés et bien calés, les grosses soupières et les plats  a légumes pansus. Finir avec verres ou assiettes ou tasses , les plus légers possibles.

Pour le Bernardaud, je compte  6 cartons en tout. J’en suis aux deux derniers.

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Ouf, le grand buffet est presque vide maintenant !

le haut (qui veut un petit remontant ? )

le bas

L’esprit d’entreprise

Ici, avec un peu de courage et beaucoup de folie en tête, tu peux tout faire. C’est une des raisons pour laquelle la Terra Americana attire tant de jeunes. Si vous n’êtes jamais passés par les circonvolutions et interdits sans parler des dossiers perdus qui jalonnent la moindre entreprise dans l’hexagone, vous aurez du mal à comprendre.

Ici, tu peux presque tout faire. Tu peux ouvrir un restaurant, te lancer dans l’édition, et non seulement dans l’édition mais aussi, ce qui va de pair, dans la publicité. Tu peux ouvrir une salle de dance, un magasin de frivolités. Tu peux devenir du jour au lendemain agent littéraire, ou chasseur de têtes. Pour devenir concertiste, ce sera plus difficile si tu n’as pas un certain talent. Mais tu peux vendre des pianos ou des flutes tout en restant chez toi. Plus modestement, tu peux aussi garder des enfants dans ta petite maison, toujours tout en restant chez toi. Ou bien, comme cette mère de 4 enfants qui n’arrivait jamais à boucler ses fins de mois, tu peux  te lancer dans la confection de rideaux, ou costumes de Halloween, ou bouquets de mariage. D’autres deviennent coiffeurs à domicile. D’autres font les courses pour les personnes âgées ou handicapées. Cette petite entreprise  assure la distribution de sandwiches et salades dans les entreprises qui ne possèdent pas leur propre cafeteria. La liste n’est pas exhaustive, il suffit d‘avoir de l‘imagination, et de l‘ardeur.

Pour l‘histoire des sandwiches, il faut tout de même savoir que non, tu ne pourras rien faire en “food business” si tu n’as pas d’abord obtenu ton diplôme certifiant que tu as bien les capacités requises. Et dans “qualités requises” n’entend pas seulement tes talents de cuisinière ou de chef ; ça, on s’en fout, après tout  on est dans le pays des hamburgers. Aux yeux de l’administration américaine, que tu saches ou non tourner un beurre blanc, n’est pas l’essentiel pour ouvrir un restaurant. L’essentiel, c’est connaitre les raffinements de la lutte contre les germes, microbes et autres bestiaux  qui peuvent nuire à la sante publique. Tu passeras donc un examen pour obtenir ton diplôme de ”food manager ** . Il se passe dans les locaux du Health Department local, après une série de cours, variants en nombres selon chaque etat, portant sur ce qu’il convient de faire ou ne pas faire pour la salubrité publique. En plusieurs séances de une à trois heures, tu apprendras tout ce qu’il faut savoir sur les températures maxima et minima des aliments, la propreté et le maintien des réserves sèches, réfrigérateurs et congélateurs, la procédure correcte du  nettoyage de la vaisselle et batterie de cuisine, les équipements exigés dans la cuisine et la salle de restaurant ; la nature des sols et des murs et jusqu‘aux vêtements du personnel : surtout, ne pas oublier le filet qui garde les cheveux où ils doivent être et non dans la soupe ; ni les chaussures “lavables” ainsi que les bas et chaussettes obligatoires, cachez ces jambes que je ne saurais voir !

Tout ce préambule pour vous amener à Lyon : vous me direz : “Que se passe-t-il à Lyon ?“

Et bien, à Lyon, deux jeunes français n’ont pas eu peur de se lancer bravement et sur le mode américain dans la création d’entreprise, et ceci, dans l’une des villes françaises réputées pour leur traditionalisme  pur et dur.  L’aventure est d’autant plus sympathique qu’il s’agit de deux frères,   et  … mais vous le saurez dans un instant, et c’est LA

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** voir ici les différents programmes selon chaque état  de l’union.

Déménager aux USA

Entendons-nous : il ne s’agit pas de déménager “seulement” d’Europe, d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie sur le continent américain. Il s’agit, aujourd’hui, de savoir comment déménager aussi à travers les Etats Unis, du nord au sud et d’est en ouest ou plus modestement de telle ville dans telle autre, voisine.

 Pour déménager  de Carcassonne ( France) à New-York,  les souvenirs sont encore vivants et la plaie laissée par la facture encore vive. Mais il s’agissait alors de faire traverser l’Atlantique à tout un mobilier disparate entassé par trois générations dans trois maisons différentes. C’est assez effrayant et cela mérite plusieurs articles. Deux p[oints importants, à faire : prendre les meubles anciens ; à NE PAS faire : embarquer le piano, même si c’est celui qui vous a accompagné de vos premières gammes jusqu’au Conservatoire.  Non, parce que, tout de même, un Gaveau, c’est chouette, mais il y a des Steinway ici.

 Donc, aujourd’hui, il s’agit plus prosaïquement d’un déménagement simple, salon, salle à manger, bureau/bibliothèque, deux chambres,  plus les extra. Ne pas minimiser les extras.

 D’abord, prévoir entre 4 à 6 semaines de préparation, et commencer de vider tous les rayonnages de tous les placards, buffets, armoires, trucs à livres et à vidéo, plus, comme chez la Chron, la tonne de textes inachevés.  Ca pèse. Pour cela, les Banker boxes sont parfaits et on en trouve partout. Faites votre shopping, le prix varie du simple au double selon que vous les achetez à Office Depot, à Stapples ou à Walmart.

 Vider, oui, mais dans quoi ? Dans des cartons.  On va les acheter – parfaitement, acheter : vous ne prétendez pas amener dans votre appartement propre ou votre maison neuve, des saletés de cartons que vous trouverez dans les magasins d’alimentation, et farcis d’œufs de bedbugs, quand même, si ? Ou pire ? Ah, tu vois !

 Donc, on va les acheter à Walmart, de 0,50/pièce pour du 12” au cube = 30 cm de coté par 30 cm  de hauteur pour les choses lourdes comme les livres et les papiers. On en trouve partout, mais c’est là qu’ils sont les moins chers. Je sais, on n’aime pas Walmart, on a juré qu’on n’ira jamais, mais tu sais, ma poule, un chou ché un chou même pour moi qui suis native de l’Aude.

Revenons aux cartons  et à la liste de tout ce qui est indispensable :

Objets non cassables, matériel de bureau, et batterie de cuisine petite : la taille au dessus, toujours à WalMart, 14 x 14 x 14, $0.68 /pièce.

Les gros rouleaux de Scotch Shipping : environ $3.00  le gros rouleau en 5 cm de large.

Plus un rouleau avec dispenser du nec+ultra, Scotch Extreme Tape,  5cm X 20 mètres pour consolider les cartons contenant du fragile.

Et bien entendu 4 gros marqueurs

Un noir,  pour écrire très lisiblement, sur chaque carton la liste de ce qui est à l’intérieur.

Un rouge pour savoir OU ce carton va aller dans le nouvel appartement.

Un bleu  pour indiquer D’OÙ, de quelle pièce ou quel placard, vient le contenu. C’est toujours plus facile de retrouver les choses si on les remet à la même place.

 C’est chouette un déménagement, ça permet de mettre de coté, dans d’autres cartons marqués GARAGE SALE, en vert, tout ce qu’on ne veut plus et qu’on va entreposer au garage ou au sous-sol en attendant  la vente qu’on va faire au printemps.

 Quel printemps ?  le mode d’emploi ne le dit pas.

Maison blanche 16, 17 et 18 février

Maison blanche, jour 2, jeudi 16

 Le lendemain, jeudi 16,  c’est l’approche de la maison seul-à-seule, on se flaire, on en est aux précautionneux préliminaires, on marche sur des œufs après l’aventure des alarmes. On en retrouve d’autres, d’ailleurs, alarmes,  mais à motion, celles-ci, et reliées à l‘éclairage et arrosage automatique du jardin. Ce qui signifie que si d‘aventure quelqu’un entreprenait de passer en courant au travers de notre pelouse pour couper court, le cataclysme du jour précédent se déclencherait avec, en plus, éclairage incorporé et arrosage, quelque chose comme les grandes eaux de Versailles un jour d’anniversaire du Roi Soleil. Croyez moi, c‘est hallucinant !

 Nombreux aller-retour de la Bleue à la Blanche, la relativement petite Rondo pleine de cartons, ceux faits en janvier, si vous avez lu ces chroniques le mois précédent.  Petits, lourds mais faciles à transporter, et remplis de choses incassables pour le moment. Huit crates (grande boites a couvercle) de plastique transparent avec le linge de maison. Plus 4 autres qui ne serviront, ceux-là, qu’à vider les placards de la cuisine bleue pour remplir ceux de la cuisine blanche. A débarrasser illico et reprendre vides, donc à chaque voyage. Ca marche quand on ne déménage qu’à petite distance.

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 Jour 3, vendredi 17

 Jour du lessivage de la moquette bois de rose. Billy arrive avec ses instruments à 10 heures. La Chron et Monsieur coincés dans la cuisine : la Chron mesure et relève le plan en détail, Monsieur continue de faire quelques aller-retour de la blanche à la bleue avec des cartons, des chaises, des bouteilles d’eau, des sandwiches, des fruits, une série de casserole – qui repartira en sens inverse, non, mais je vais faire la cuisine dans QUOI, moi sinon ??

 Profitons aussi de l’occasion pour contacter les différents corps de métier qui doivent faire les devis : plombier, électricien, charpentier.

 Electricien : rendez-vous est pris pour samedi 18/02 à 17 : 30.

Plombier, lundi. 20/02

Charpentier, jeudi. 23/02

 Quatre heures plus tard, le sol de la blanche est propre, rose pimpant, moquette remise à neuf, mais comment font-ils ? Ça vaut bien les 200 dollars de facture pour 80 m2 de nettoyage.

Laisser sécher toute la nuit, aspirer le lendemain avant de revenir au trafic courant.

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 Jour 4, samedi 18 février

 Vidage total des placards de la cuisine. On découvre les quelques cent bocaux vides que la Chron cache un peu partout “en cas de guerre” et on palabre longtemps pour savoir si on va les garder ( ça peut toujours servir, mais à quoi, on se le demande ) ou bien si on les jette. Une distribution gratuite est également envisagée.

Aspiration de la moquette rose, pose des tapis de protection, et autres allées et venues avec toutes sortes de choses, dont un grand sac plein de vieux draps dits “de travaux”. Version Monsieur Chron équivalente des bocaux de Madame.

L’électricien arrive, ponctuel. Une heure plus tard, devis en main, accord signé, les petits travaux électriques seront fait dans 4 jours : pas grand-chose, il faut tirer deux lignes de force, l’une pour la cuisinière, l’autre pour le séchoir à linge. Plus une autre ligne, non force, pour le lave-linge.

Ca commence à prendre tournure.

 Sur le chemin du retour à la maison bleue, immense fatigue soudaine. Arrêt à la rôtisserie de Price Chopper, achat d’un poulet cuit, deux endives,  et une glace au chocolat. On mangera plus diététique quand on aura le temps.

Maison blanche : le premier jour

  Une maison, c’est sans aucun doute l’achat le plus important pour la majorité des humains. Et ce qui est agaçant, c’est que toutes les habitudes en sont bouleversées. Ainsi, depuis mercredi 15 février, plus une minute pour venir écrire les menues chroniques habituelles. Encore heureux que Valentin se soit fêté la veille !

C’est d’ailleurs le jour de St Valentin, mardi, que la banque ferme ses guichets à 15 heures au lieu des 18 heures habituelles. Mr et Mme Chron se sont cassé le nez sur la grille à 15 : 12 . Il leur a fallu revenir le lendemain matin pour le fameux chèque certifié sans lequel, pas d’argent, pas de suisse, vous connaissez la chanson, sans lequel donc, pas de clé “ et la porte était close”. Mais l’achat d’un cheque certifié ne prend que 12 minutes, montre en main.

A l’heure dite, Les Chron male-et femelle étaient dans le bureau officiel, en compagnie de Jonie, l’agent immobilier, Maitre X …, notaire du vendeur, Maitre Ken V… leur notaire, et Monsieur Y …, officier bancaire présidant à l’achat.

Quarante-cinq minutes plus tard, ils ressortaient tous en se serrant les mains avec de grands sourires, chacun persuadé en son for intérieur d’avoir fait la meilleure affaire. Si oui, l’avenir nous le dira.

Les Chron-jeune-couple, toujours prompts à sauter sur tout ce qui bouge lorsqu’il s’agit de célébrer avaient apporté une bouteille de champ français (les ceusses de France qui nous lisent ne trouvent rien là d’extraordinaire, mais les ceusses d’ici savent de quoi je parle là !)  Et il a fallu aller illico à la maison blanche pour ouvrir la bouteille et aussi pour visiter la fameuse maison, qu’ils (les jeunes) n’avaient encore vue que de l’extérieur. Et c’est là, mesdames et messieurs, c’est là, au moment précis où la Chron qui vous parle a mis la clé dans la serrure, que tout a commencé.  Tout ! La police, les pompiers, les voisins : tout !

Et pourquoi ?

Because l’alarme n’avait pas été tournée off, voilà pourquoi.

Imaginez une sirène de l’ampleur de celles que nous ne tarderons pas à entendre si les connards de service qui sévissent dans les régions chaudes du globe continuent de jouer à c’est-moi-que-je-suis-le-plus-fort-avec-mes-armes-nucléaires-et-touchez-pas-à-mes-eaux…

Quand on sait que notre plus proche voisin est une banque, on comprendra que la population en émoi soit sortie au moins sur le pas de la porte pour voir ce qui se passait.

Pendant ce temps, et en se bouchant les oreilles, les Chron père et fils courraient à la cave pour essayer d’endiguer les décibels, tandis que les Chron femelles,  téléphonaient l’une aux pompiers pour leur expliquer que non, la banque voisine n’était pas attaquée, et l’autre à l’agent immobilier pour lui passer le savon de sa vie. Car la veille, elle, l’agent, avait juré ses grands dieux que le vendeur annulerait l’alarme à partir de 6 heures du matin, le jour de la vente.

Bref, après maintes palabres avec les six officiers de police accourus (5 minutes, montre en main) dans 3 voitures à gyrophares tournant et sirènes déchaînées ajoutant au cataclysme, le calme est rétabli. “Dommage qu’on soit en service” a dit un des policiers en lorgnant vers le Moët et Chandon.

Alors, pour rentrer dans la forteresse, voici comment on doit procéder : d’abord, aller à la porte de derrière et éteindre l‘alarme avec une clé spéciale  qui fonctionne parfaitement, mais la difficulté, c’est de la trouver dans un trousseau de 26 clés, bon, oui, la plupart sont des duplicatas ( duplicati ?) , mais accrochées au même anneau, vous imaginez ?

Ensuite, courir à la porte de devant, et ouvrir les trois serrures avec les trois clés idoines et adéquates. NE PAS OUVRIR LA PORTE ! Recourir à la porte de derrière, retourner une seconde fois la clé d’arrêt de la putain de foutu de truc de m… d‘alarme. Re-recourir à la porte de devant et là, DE-LI-CA-TE-MENT pénétrer dans la maison.

C’EST PAS FINI !

Surtout, NE PAS enlever la clé qui bloque l’alarme à la porte de derrière… oui, bon, vous pouvez rire, y’a de quoi, lol!

Si les voleurs lisent cet article ? Mais on s’en fout, vous ne pensez quand même pas que nous allons garder un truc pareil ? Le temps qu’ils arrivent, ils pourront rentrer sans toute cette gymnastique au pas de course d’une porte à l’autre, tout le système sera annulé. Ouf.

Semaine cruciale, réminiscences and happy valentine !

Attendue depuis la signature de la proposition d’achat le  8 octobre 2011, à 10 :44,  voici enfin la semaine de l’achat proprement dit, la passation de pouvoir, qui se soldera par ce geste ridiculement petit : la remise des clés. Entre temps, vendeurs et acheteurs ont fait comme les marmottes, ils se sont mis en hibernation. Pendant ces quatre mois et une semaine, ce sont les banquiers et les notaires qui ont fait bien ou mal leur travail et personne d’autre n’a à intervenir : les banques donnent leur accord très tôt, dans les 15 jours environ. Les notaires défendent chacun les intérêts de leurs clients et se renvoient les frais de l’un à l’autre jusqu’au moment où ils arrivent à se mettre d’accord.

Maintenant bien réveillés, les acheteurs recevront aujourd’hui le compte détaillé de ce qu’ils doivent faire dans les vingt quatre heures suivantes, demain 11 heures dernier délai puisqu’ils savent déjà que la signature des papiers se fera mercredi 15 février, date qu’ils ont eux-mêmes choisie, dans les bureaux de la banque centrale, à Albany.

Ils ont confirmé pour aujourd’hui 13 heures la visite (walk through) de la maison avant achat, visite importante pendant laquelle l’acheteur va noter tout ce qui  est dans la maison, jusqu’au plus petit rideau, ampoule électrique ou appareil ménager. Ceci pour éviter la sorte de mésaventure  vécue par la Chron lorsqu’elle a pris possession de sa dernière maison française, dans le Languedoc, en l’an 2000.

C’était une grande, vieille et charmante maison de chez nous, battue des vents en haut d’une colline, toute blondeur et tuiles roses, avec un grand jardin  dans lequel on descendait après avoir traversé la terrasse. Cette terrasse, pavée de vieux carrelages rouges, était une des choses qui avait accroché l’œil de Mr. Chron la première fois qu’il l’avait vue.  L’agent immobilier avait expliqué que les carrelages n’étaient pas scellés, mais simplement posés sur un lit de sable, et que considérant le mauvais état du matériau, il serait très facile de les enlever pour les remplacer. Le Chron male avait réprimé un haut-le-cœur d’indignation, et s’était contenté de sourire.

Un matin, quatre ou cinq jours après la vente, et alors que Les Chrons males et femelles prennent leur petit déjeuner, ils entendent un bruit de pioche qui ne trompe pas : quelqu’un est en train de démolir quelque chose à quelques mètres de leur cuisine. C’est l’ancien propriétaire accompagné de ses deux fils qui charge dans une carriole a bras les briques de la terrasse, laquelle n’est  plus qu’un chantier de gravas, sable et briques brisées.

La gueulante bilingue poussée par Monsieur Chron ce matin là est restée dans les annales,  ainsi que la mauvaise relation qui s’en est suivie entre l’ex propriétaire, également voisin, et la famille Chron. Il a fallu replacer les dalles mais la magie de la fameuse terrasse avait disparu. Il en faut peu, parfois, pour rompre le charme.

Donc, ce matin, passage obligé chez l’attorney pour les dernières  “figures” arithmétiques ; passage obligé à la banque pour faire établir les chèques vérifiés ; et à 13 heures, visite de la maison blanche avant  achat .

Ce soir ? Mais on fête la Saint Valentin, comme tout le monde  J

Happy Valentine, everyone, with lot of love!

Du tac à la tuque

Classique tuque canadienne totalement fourrée de duvet d'oie

Moins 17 Celsius, écrit ce matin l’amie de Sainte Hyacinthe ( Québec)  et elle ajoute : c’est pas le moment d’oublier la tuque.

La tuque, déformation québécoise de “toque“, est un bonnet, un chapeau, un passe montagne, un couvre-chef,  un truc en poils et peut-être en plume, va savoir. C’est de toute évidence, LE truc dont  toute personne humaine prétendant vivre au nord de la frontière New-York/Québec ne saurait se passer pendant, bof, disons la plus grande moitié de l’année quand ce sont des années normales : 2012 étant l’exception. Car pour l’amie de St Hyacinthe, “il n’y a pas d’hiver” est un leitmotiv revenant à longueur de semaine depuis novembre 2011. Et les tuques restaient  dans le placard

Jusqu’à ce matin, car il fait – 17 présentement, ouf ! Certainement plus, heu, moins encore au moment où je mets en ligne, soir tombé.

Le Saint Laurent ? Je ne sais pas, mais à ces températures, il est certainement gelé d’un bord à l’autre.  Courage, amis du Québec, encore deux petits mois et on en verra la fin

Verlaine et le Saint Laurent

l'océan gelé à l'embouchure du Saint Laurent

Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Corneille poussive

Et vous, les loups maigres,

Par ces bises aigres

Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Maison Blanche : rebours et débours

Donc, c’est le compte à rebours : 5,4,3,2 …

Compte aussi à débours le jour du closing :

1) 10 % du prix de la maison = 7,600

2) les frais bancaires  = $2,050 ; oui, on vous dit partout qu’il n’y a PAS de closing cost mais ne soyez pas naïfs, s’y’ou plait : il y en a.

3) les honoraires du notaire    = + ou – $600. Le nôtre, ce gangster, se fait payer à l’heure, on va s’amuser quand on recevra la facture à $200/l’heure.

4) l’assurance incendie et autres dégâts ou binder insurance = entre 400 et 600 l’an pour une maison comme la Maison Blanche

5) les frais divers pour récupérer l’historique officiel de la maison, depuis sa construction. Document appelé indifféremment abstract” ou “title : comptez entre 600 et 1.000 dollars.

6) vous devrez aussi rembourser au vendeur la part de taxes immobilières qu’il a déjà réglé à la ville et au county. Les taxes immobilières sont réglées tous les 3 mois,  le propriétaire actuel a donc réglé entre 800 et 1200 dollars pour janvier, février et mars. En signant le 15 février, c’est-à-dire eu milieu exactement de la période réglée, les Chrons devront régler ½ des taxes, soient entre 400 et 600 $

Plus les autres menus frais qui ne manqueront pas de faire surface et dont on se demande toujours  comment ils peuvent naitre dans les cerveaux pervers des banquiers et autres financier . Total = $11.650 à régler par cashier ou bank check – ni cash, ni cartes de crédit, ni chèques personnels. Arrondissons à douze mille et n’en parlons plus.

Fiston Kit Chron et sa jeune épouse Elaine ont exprimé le désir d’assister à la cérémonie du closing, pour se mettre dans le bain car ils vont se lancer dans l’achat de leur première maison  dans les douze mois qui viennent. Quand on sait qu’ils paient actuellement $850 pour leur 4 pièces ( 2 ch, bureau, séjour) en location, on ne peut que les encourager à profiter des prix très bas des maisons en ce début d’année 2012.  Pour les aider, Mr Chron leur a offert de venir habiter gratuitement pendant un an dans l’appartement libéré dans la Maison Bleue : ils économiseront ainsi le down payment. (850 x 12 = la jolie somme de $10.200, et oui, on s’en rend pas compte, mais … hein ?)

Résultat ?  En Mars,  on va se payer le luxe de DEUX déménagements, le nôtre le second week-end, et celui de Kit et Elaine le troisième week-end.

Quand je vous dis que Mars c’est le mois des fous ! C’est d’ailleurs prouvé, puisque, en plus, c’est le mois de l’anniversaire de la Chron.

On n’a pas fini de rigoler !

Maison Blanche : le terrain

 

La Maison Blanche – pas celle de Washington, dont nous n’avons que faire, mais  l’autre, celle de la Chron — se rapproche de plus en plus, au figuré bien entendu . Quoique ce pourrait être aussi au propre, entendu que dans la seule journée d’hier la Chron a  remarqué deux, oui deux  déménagements d’énormes maisons, en préparation dans sa petite ville et ça va faire des dégâts où ça passe, because souvent les maisons sont plus larges que les ponts qu’on veut leur faire traverser. “Les maisons sont plus larges que les ponts”,  ce serait un beau titre de livre, je sais : de plus, c’est la vérité vrai. Donc, pour transbahuter une maison  d’un endroit dans un autre, on te dit : “ C’est facile”. Ouais, faut pas les croire.

Donc, la Maison Blanche se rapproche. La date, la remise des clés, la/les signature(s), la passation de pouvoir, l’émotion, ce sera  dans maintenant 4 jours. QUATRE jours, oui, mercredi 15 février, le lendemain de la Saint Valentin. On a pensé que ça ferait un beau cadeau cette année, non ?  A la place des roses  et des chocolats, hein ?

Pour la remettre en mémoire, quelques notes : elle est située dans une petite ville traversée par la rivière des Mohicans. Cette petite ville a failli avoir l’insigne honneur d’être la capitale de l’état de New York, mais elle a cédé le terrain devant l‘avancée économique rapide d’Albany, située sur le Hudson River, et donc en voie directe avec Manhattan.

Le quartier est calme, tranquille, arboré, en haut d’une colline douce. Le terrain est à l’angle d’une rue et d’un boulevard. La Chron a un faible pour les boulevards américains, (Parkway) larges, à deux voies de chaque coté, séparées par des arbres et des  fleurs, la Maison Bleue en témoigne.

Ce terrain mesure grosso modo 90 pieds par 90 pieds environ,  ce qui nous donne en langage humain français 32 m x 32 m, pour une superficie de 1.024 mètres carrés. C’est un double-lot, ou double terrain à bâtir. Difficile à trouver dans les cœurs des villes, et quand on en trouve un, y sauter dessus. Et plein sud et ouest. Tout à faire dans ce terrain, qui est recouvert d’herbe scrupuleusement tondue tous les samedis (sauf en hiver) par le propriétaire actuel, un vieux monsieur qui vit seul dans cette grande baraque avec ses deux chats. Vivait : il a déménagé le mois dernier pour un appartement plus petit et  moins pesant à entretenir.

Personne ne sait s’il a pu prendre les chats.

( à suivre )

Etranger au Paradis

(amicalement dédié à Ariana qui m’en a donné l’idée,

et à Patricia qui m’en a parlé avant-hier)

Nous expats avons laissé au pays des gens. Toutes sortes de gens. Une souffrance toujours, et n’ayons pas peur des mots : un arrachement, souvent.

Ces gens, loin de nous, continuent de vivre. C’est le loin de nous qui a du mal à passer. Nous aussi vivons, loin d’eux. Le téléphone, les mails, les lettres, les blocs, les visites, oui, il y a ces cinq moyens modernes de nous retrouver, de les retrouver, en mots  pour les quatre premiers, en chair et en os pour le dernier. Si nous nous retournons vers le passé, dans ce temps pas si lointain où les gens traversaient l’Atlantique dans un seul sens en sachant parfaitement qu’ils ne le traverseraient plus jamais dans l’autre, le vertige nous gagne : comment ont-ils pu faire ?  Si nous avions vécu en ce temps-là, sachant que nous ne reverrions jamais ces gens que nous laissions sur la rive, aurions-nous eu le courage de les quitter ?

Ne jamais les revoir, c’est le couperet. On n’emporte pas les gens avec soi dans la valise. On croit les emporter dans nos mémoires, mais au bout de quelques mois, si on ferme les yeux, leur image nous fuit. Donc, les visites sont indispensables, que ce soient eux qui viennent nous voir, ou que ce soit nous qui retraverserons l’Atlantique et reviendrons au pays. Mais à quel prix, et comment ? Et combien de fois ?

Au vingt-et-unième siècle, on embarque loin de nos gens, avion ou bateau, avec l’illusion d’un retour proche : une fois dans l’autre pays, nous faisons en sorte que cette illusion devienne réalité, et il faut se cramponner, d’autant plus que les compagnies aériennes n’ont que faire de nos états d’âme ni de celui de nos portefeuilles. Une petite étude ce matin : un New-York/Paris, Air France, aller/retour, pour une personne = 897 $ ( départ 15  mars, retour 15 avril) Pour une famille de trois, c’est $2,691 plus les taxes et autres calamités. Ne nous leurrons point : peu de familles pourront s’offrir de telles vacances dès la première année. Peut-être la seconde ? Mais il y a la maison, ou la voiture, ou les études de l’ainé, ou la santé, ou tout simplement le boulot. Mais la troisième année, en poussant et en tirant et en  ne mangeant que des pates pendant les ¾ de chaque mois,  oui c‘est décidé, on “rentre“ en France ( en Belgique, en Suisse, au Maroc, etc.).  Au moins pour un mois de vacances. Et là encore,q quand on a pris la mesure des vacances annuelles octroyées par les compagnies américaines, on déchante vite. Nous y reviendrons.

Mais trois ans avant de pouvoir le réaliser, c’est long. On ronge son frein pendant ce temps. On se téléphone pendant des heures, on voudrait tout dire, tout faire passer. Puis on raccroche et le silence est hostile, tout est gris et noir, il fait froid soudain, ces ”gens” avec qui on n’a pas toujours eu les meilleures relations nous manquent au point que nous nous surprenons parfois en larmes,  et je ne parle pas ici uniquement des expats de sexe faible.

“ C’est un peu comme si j’étais partie sur la Lune” confie Patricia, 21 ans, heureuse et amoureuse,  mariée depuis deux ans avec l’homme de sa vie. Lequel n’a rien eu de plus pressé à faire que de la ramener dans son pays à lui. Because l’amour, c’est bien beau, mais faut manger aussi : nous en sommes tous là, que nous l’acceptions ou non. Patricia  ne travaille pas, attend un bébé pour juin prochain, aménage dans une jolie maison qu’elle décore gentiment, passe ses journées attendre son cher et tendre, tout en passant de longues heures au téléphone avec sa mère, ses tantes, ses sœurs et ses copines de Rennes.

“ Puis je raccroche et c’est comme tu dis”. Beaucoup de tristesse dans ces quelques mots. “ Et là, cette année, avec le bébé, je ne pourrais pas y aller. Peut-être même l’an prochain … “

Pas le courage de lui dire que ce n’est pas la solution. Pas le courage de lui dire qu’il faut choisir, un jour et qu’on ne peut tout avoir.

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Nous avons laissé là bas des gens qui nous touchent de près, famille, amis. Ariana me parlait aussi des autres, pas seulement la famille, pas seulement les amis chers, mais aussi ces gens que nous ne connaissons pas, à qui nous ne parlons pas, et que nous croisons, pardon, croisions sur les trottoirs, tu sais, ceux  qui marchent vers nous  et nous sourient, ceux qui s’arrêtent pour un renseignement, ceux qui nous demandent l’heure, la caissière à Carrefour, le conducteur de bus, tous ceux qui parlent notre langage, et boivent le même soleil, celui qui brille chez nous. Les gens de chez nous, quoi.

Et puis, un jour, plus tard, en marchant dans les rues de notre ville américaine, on rencontrera le regard des gens d’ici, on sourira et ils répondront, et c’est alors que nous saurons que nous avons retrouvé des gens, que le cercle est rond, que la chaine est reconstituée et que nous ne sommes plus étrangers au paradis, Ariana.

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Ici, le témoignage de Cara, qui, de Suisse, est partie s’installer avec sa famille aux Iles Maurice :http://c-est-reparti.blogspot.com/2012/01/de-retour.html