Grand Moving Day

Dans une semaine exactement, on sera sur les dents dès potron-minet, les vieux Chrons plus les deux jeunes Chrons, plus Daren, l’ami de la famille et beauf des Chrons jeunes. A cinq, ça devrait aller puisqu’il n’y aura, si tout marche bien, “que” les gros meubles à emporter. Oui, je sais, on a la mauvaise manie de s’encombrer de vieux meubles impossibles qui pèsent une tonne, mais à cinq, on va y arriver. Et la distance est courte, à peine 6 minutes montre en main d’une maison à l’autre.

Parlons chiffres : louer un petit camion pour déménager est a portée de n’importe qui, aussi la majorité des américains font-ils leurs déménagement eux-mêmes. Ils ne prennent un déménageur de métier que pour le longues distances, par exemple, l’année où les Chrons ont décidé de quitter l’Amérique, c’est l’entreprise Mayflower qui a embarqué leurs meubles et meublants en cargo, pour leur faire traverser l’Atlantique, arriver au Havre et descendre toute la France pour être déchargés à coté de Carcassonne. Deux ans plus tard, les mêmes meubles faisaient le trajet en sens inverse, sous la direction d’une compagnie de déménagement française dont je tairais le nom par pudeur – d’ailleurs, tiens, ce serait le moment pour moi de me payer une belle revanche et d’expliquer comment ils ont réussi à casser et abimer la moitie du chargement.

Donc, ici, location d’un petit camion à la journée, U-Haul = $19.95, + 0,50 centimes par miles. Les Chrons males iront chercher le camion vendredi soir et comptent bien le ramener au magasin le lendemain.

Location d’un diable ($12.00 / journée). Un lot de couvertures fournies par l’entreprise. On peut aussi louer des cartons, mais ce n’est pas recommandé, comme expliqué dans un autre article, pour raisons de propreté.

Penser le déménagement, c’est surtout savoir OU vont aller chaque gros meubles dans la maison nouvelle : les chaises et petites tables, pas grave, on peut les bouger avec une main : mais le gros bahut ou le piano, hein ? Et les lits ? Je me souviens d’un déménagement à Courchevel où sommiers et matelas furent montés de la route supérieure dans les chambres en passant par le balcon – oui, bon, c’était dans les années sauvages, mais quand même : savoir où vont les choses évite bien des tensions et énervements.

A ce sujet, et lorsque les hommes déménagent, il est impératif que les femmes se taisent. Je sais, je suis féministe dans l’âme et rebelle à toute injonction de la boucler ; mais dans ce cas là, et dans ce cas-là seulement, j’avoue que les conseils féminins et les petits cris de terreur ou les injonctions style ’tu vas te faire mal “, “ attention aux pieds de la table à ouvrage de mon arrière grand mère “, ou “ ca ne passera pas, je te l’ai dit, ca ne passera pas…” sont très mal venus pour ne pas dire pire. Même si vous avez raison. Donc, Mesdames, si vous n’êtes pas en mesure d’aider physiquement, partez, ne restez pas dans les pieds des costauds qui bougent les choses et si vous devez rester dans les parages, taisez-vous et faites-vous invisibles.

Savoir où vont les choses : coller sur chaque meuble un petit clip de couleur vive avec l’emplacement dans la future demeure : dining, living, kitchen, BR 1, BR2, etc.… Ils savent lire. Aller discrètement vérifier si les gros meubles sont en place et ne pas attendre le lendemain et l’absence de gros bras musclés pour les transporter où ils doivent être : vous voyez, Mesdames, que nous pouvons rester efficaces et silencieuses en même temps ? Un simple signe de la main suffira.

Ne pas faire : vouloir déballer la vaisselle le jour du gros déménagement.

Faire : se munir de café, eaux minérales, pizzas, chocolat, et bières pour la fin quand ils reviendront après avoir ramené le camion. Lequel devra être passé à la station d‘essence pour refaire le plein juste au moment de le ramener, le leur rappeler discrètement, et garder le ticket comme preuve. L’heure marquée sur le ticket de caisse est la preuve que le plein vient d’être fait dans les règles.

Et les cartons ? Mais ils sont finis, les cartons ! Finis et transportés là bas, et empilés dans deux petites pièces à l’écart des allées et venues de samedi prochain. Il y en a 47 en tout.

~~~ Prochaine série : On emménage. Premier épisode, dernière semaine de Mars : le plombier.

Ah là là !

Maison blanche 16, 17 et 18 février

Maison blanche, jour 2, jeudi 16

 Le lendemain, jeudi 16,  c’est l’approche de la maison seul-à-seule, on se flaire, on en est aux précautionneux préliminaires, on marche sur des œufs après l’aventure des alarmes. On en retrouve d’autres, d’ailleurs, alarmes,  mais à motion, celles-ci, et reliées à l‘éclairage et arrosage automatique du jardin. Ce qui signifie que si d‘aventure quelqu’un entreprenait de passer en courant au travers de notre pelouse pour couper court, le cataclysme du jour précédent se déclencherait avec, en plus, éclairage incorporé et arrosage, quelque chose comme les grandes eaux de Versailles un jour d’anniversaire du Roi Soleil. Croyez moi, c‘est hallucinant !

 Nombreux aller-retour de la Bleue à la Blanche, la relativement petite Rondo pleine de cartons, ceux faits en janvier, si vous avez lu ces chroniques le mois précédent.  Petits, lourds mais faciles à transporter, et remplis de choses incassables pour le moment. Huit crates (grande boites a couvercle) de plastique transparent avec le linge de maison. Plus 4 autres qui ne serviront, ceux-là, qu’à vider les placards de la cuisine bleue pour remplir ceux de la cuisine blanche. A débarrasser illico et reprendre vides, donc à chaque voyage. Ca marche quand on ne déménage qu’à petite distance.

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 Jour 3, vendredi 17

 Jour du lessivage de la moquette bois de rose. Billy arrive avec ses instruments à 10 heures. La Chron et Monsieur coincés dans la cuisine : la Chron mesure et relève le plan en détail, Monsieur continue de faire quelques aller-retour de la blanche à la bleue avec des cartons, des chaises, des bouteilles d’eau, des sandwiches, des fruits, une série de casserole – qui repartira en sens inverse, non, mais je vais faire la cuisine dans QUOI, moi sinon ??

 Profitons aussi de l’occasion pour contacter les différents corps de métier qui doivent faire les devis : plombier, électricien, charpentier.

 Electricien : rendez-vous est pris pour samedi 18/02 à 17 : 30.

Plombier, lundi. 20/02

Charpentier, jeudi. 23/02

 Quatre heures plus tard, le sol de la blanche est propre, rose pimpant, moquette remise à neuf, mais comment font-ils ? Ça vaut bien les 200 dollars de facture pour 80 m2 de nettoyage.

Laisser sécher toute la nuit, aspirer le lendemain avant de revenir au trafic courant.

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 Jour 4, samedi 18 février

 Vidage total des placards de la cuisine. On découvre les quelques cent bocaux vides que la Chron cache un peu partout “en cas de guerre” et on palabre longtemps pour savoir si on va les garder ( ça peut toujours servir, mais à quoi, on se le demande ) ou bien si on les jette. Une distribution gratuite est également envisagée.

Aspiration de la moquette rose, pose des tapis de protection, et autres allées et venues avec toutes sortes de choses, dont un grand sac plein de vieux draps dits “de travaux”. Version Monsieur Chron équivalente des bocaux de Madame.

L’électricien arrive, ponctuel. Une heure plus tard, devis en main, accord signé, les petits travaux électriques seront fait dans 4 jours : pas grand-chose, il faut tirer deux lignes de force, l’une pour la cuisinière, l’autre pour le séchoir à linge. Plus une autre ligne, non force, pour le lave-linge.

Ca commence à prendre tournure.

 Sur le chemin du retour à la maison bleue, immense fatigue soudaine. Arrêt à la rôtisserie de Price Chopper, achat d’un poulet cuit, deux endives,  et une glace au chocolat. On mangera plus diététique quand on aura le temps.